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La désinfection des canalisations d’eau potable, une obligation

Lors de travaux réalisés sur les réseaux de distribution d’eau destinée à la consommation humaine (EDCH), les différentes interventions peuvent engendrer la contamination de l’eau distribuée jusqu’au robinet du consommateur. Découvrez les étapes d'une désinfection des canalisations d'eau potable exemplaire.

Le Code de la santé publique (CSP) stipule que les réseaux et installations de distribution d’EDCH doivent être conçues, réalisées et entretenues de manière à empêcher l’introduction ou l’accumulation de micro-organismes, parasites ou substances qui pourraient être dangereuses pour la santé ou susceptibles d’entraîner une dégradation de la qualité de l’eau fournie aux usagers.

Sachant qu’il est techniquement impossible de garantir l’absence de contamination lorsque l’on pose, remplace ou répare des canalisations d’eau, il est indispensable de les traiter avant de les remettre en service. Cette obligation est clairement énoncée dans l’article R. 1321-56 du CSP : les réseaux publics de distribution qui incluent les branchements publics reliant le réseau public au réseau intérieure de distribution, ainsi que les installations non raccordées aux réseaux publics de distribution et autorisées conformément aux articles R. 1321-7 à R. 1321-9 doivent être nettoyés, rincés et désinfectés avant toute mise ou remise en service. Les procédures à respecter pour les opérations de nettoyage, de rinçage et de désinfection sont détaillées dans la norme NF EN 805, ainsi que dans le chapitre 7 du Fascicule 71 (mis à jour en 2019).

À noter : Les réservoirs d’eau potable sont eux aussi concernés. Ils doivent être vidés, nettoyés, rincés et désinfectés au moins une fois par an. Seule une autorisation du préfet peut permettre de réduire la fréquence de ces opérations.

Le nettoyage : indispensable mais insuffisant

L’un des objectifs du traitement des canalisations avant remise en service est d’éliminer les organismes pathogènes potentiellement présents dans la section concernée par les travaux. Or, ces organismes ne seront détruits à coup sûr que par des produits désinfectants. Le nettoyage (par voie mécanique ou chimique) et le rinçage à grande eau sont insuffisants. Pour autant, nettoyage et rinçage sont deux opérations indispensables avant la désinfection proprement dite. Car on ne désinfecte bien que ce qui est parfaitement propre. Dans son guide technique, l’ASTEE (Association Scientifique et Technique pour l'Eau et l'Environnement) préconise une désinfection systématique des canalisations. Celle-ci sera précédée soit d’un simple rinçage, soit d’un nettoyage mécanique et/ou chimique plus d’un rinçage. Les procédures préconisées par l’ASTEE varient également selon qu’il est possible ou non d’isoler les canalisations.

Au final, l’ASTEE distingue 4 cas, associés à 4 procédures différentes :

  • La mise en service de canalisations isolables et branchements de diamètre supérieur à 40 mm
  • Les travaux programmés sur canalisations non isolables
  • Les travaux en urgence sur canalisations non isolables
  • Les branchements de diamètre inférieur ou égal à 40 mm.

Désinfection : choisir la méthode et le produit

Que l’on choisisse une désinfection statique par imprégnation ou une désinfection dynamique par circulation de la solution désinfectante, il est essentiel de s’assurer que la canalisation et les points singuliers seront exposés à un agent désinfectant suffisamment concentré, pendant suffisamment longtemps pour détruire les pathogènes. Il faudra donc définir la concentration de la solution désinfectante en fonction des caractéristiques de l’installation, et la contrôler jusqu’à l’extrémité aval du tronçon. On définira également une durée minimale de contact pour la désinfection statique, ou un volume ainsi qu’une vitesse d’avancement du bouchon pour la désinfection dynamique. Les produits désinfectants retenus doivent être conformes à la législation française et aux directives de l’Union Européenne. Ils doivent notamment s’inscrire dans le cadre de la Directive Biocides, qui vise à évaluer toutes les substances actives utilisées à des fins de désinfection et à proposer une liste positive de substances approuvées.

Un fabricant dont les produits ne s’inscriraient pas dans ce cadre devra effectuer une demande d’autorisation de mise sur le marché. Les produits doivent également être correctement étiquetés, et déclarés auprès de l’INRS ainsi que du ministère chargé de l’écologie. On le voit, la composition des produits désinfectants est soumise à une surveillance étroite qui a pour objet de préserver au mieux la santé des consommateurs, celle des opérateurs, mais aussi de limiter les risques d’impact négatif sur l’environnement. L’une des substances régulièrement utilisée pour la désinfection des canalisations est le chlore, mais il a tendance à être remplacé par le peroxyde d’hydrogène (H2O2 ou eau oxygénée). Très efficace, le peroxyde d’hydrogène offre l’avantage de générer peu ou pas de sous-produits et donc de limiter les opérations de neutralisation du désinfectant.

Maîtriser la concentration de désinfectant grâce aux postes mobiles

Le fascicule 71 recommande d’utiliser une pompe doseuse afin d’injecter une dose de désinfectant proportionnelle au débit de remplissage. Les postes mobiles de dosage tels que ceux proposés par la société AEOS permettent un dosage précis du désinfectant en fonction du débit, pour garantir une concentration constante de la solution de désinfection. Fonctionnant sans électricité, ils apportent beaucoup de souplesse et d’autonomie sur les chantiers. Ils sont parfaitement adaptés pour les canalisations de diamètre modéré et les petites extensions.

Après rinçage de la solution désinfectante, des prélèvements et analyses doivent être effectués pour vérifier la qualité de l’eau. Ils sont réalisés par un laboratoire agréé par le ministère chargé de la santé, dans les 24h suivant la désinfection. Un premier contrôle est effectué sur place. Si les résultats sont concluants, un prélèvement est envoyé en laboratoire pour analyse de paramètres complémentaires. Le guide technique de l’ASTEE contient un tableau récapitulant les seuils d’acceptabilité des différents paramètres pour des canalisations et branchements de diamètre supérieur à 40 mm avec maintien de l’alimentation.

Pour en savoir plus :

Norme NF EN 805 Juin 2000.

Nettoyage et désinfection des installations d’eau destinée à la consommation humaine.

Réservoirs et canalisations d’eau destinée à la consommation humaine : inspection, nettoyage et désinfection .

Fascicule n°71 du CCTG travaux de génie civil (mars 2019)

Nouvelle réglementation ce mois-ci dans le FB MAG

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